Albane de Saint Rémy

Née en 1966, elle vit et travaille à Tours (37).

«J’ai commencé par le trait : lorsque je vivais à Paris, j’ai fait beaucoup de dessins académiques que j’ai accumulés. Un jour, je les ai repris, j’en ai fait une sélection et je me suis mis à les peindre. C’est ainsi que j’ai démarré mon travail. Vingt ans plus tard, je fais le cheminement inverse : je pars de la peinture d’où je fais jaillir le dessin», explique cette Tourangelle d’adoption, qui a posé ses valises ici en 2008. Entre Paris et Tours, il y a eu une période de rupture au cours d’un séjour de trois ans à Nancy pendant lequel elle abandonne ses personnages pour travailler le fond, écrin faussement abstrait dans lequel ils pourraient évoluer de nouveau un jour. «J’avais besoin de choses simples, de tester des univers vides, sobres, avant de revenir à mes personnages. Du coup il y a eu par la suite une sorte de renaissance de mes personnages à partir des fonds, de leur atmosphère et de leur structure.»

Très narrative, l’œuvre d’Albane de Saint-Rémy met en scène dans une centaine de tableaux une femme, d’âge incertain mais plutôt jeune, qui semble à la fois observée d’assez près mais insaisissable, surprise dans son intimité mais indifférente et vaquant à diverses occupations jamais vraiment définies. «J’aime ne pas tout dévoiler :"cette femme est dans le mouvement, dans l’action, mais ce qu’elle fait vraiment reste secondaire.»