Frédéric Mercier

Né à Monsireigne en 1961, il vit et travaille à Nieul-sur-l'Autize (85).

Après la série des "Paysages urbains"2009 puis des "Cités" 2011, il me fallait revenir à des paysages naturels pour capter de nouveau ce qui, dans la Nature se rappelle à mes souvenirs les plus fondateurs de ma sensibilité artistique et donc à mon projet de rapport Nature/culture.

Il me semblait que si j'avais voulu peindre des cités comme des paysages naturels, je pouvais peindre des arbres comme des immeubles, des chemins comme des rues, des champs, des collines comme des architectures.

M'installant au cœur du Marais Poitevin, je me suis intéressé tout de suite aux Peupleraies, là encore, une Nature gérée et organisée pour les activités humaines.

J'ai voulu peindre les Peupliers comme des Architectures végétales avec leurs alignements, leur verticalités, leur manière de jouer avec la lumière, leurs reflets, leur frondaisons, leurs arborescences.

J'ai voulu organiser et composer ces paysages comme s'organise une architecture urbaine en construisant, détruisant et reconstruisant de nouveau sur les ruines du temps.

J'ai voulu enfin, établir un lien relationnel avec mon nouveau cadre de vie.

Tout cela m'a permis de maintenir, dans une thématique choisi, mon travail de peinture, avec ses fulgurances, ses hésitations, sa recherche constante de la matière, de la lumière, de la couleur et pour que puisse s'exprimer dans une relation à mon environnement le plus proche un questionnement sur ma propre nature.

Ces paysages qui prennent en référence les espaces construit par l'homme : architectures, routes, plantations, chemins, dominés par l'idée d'organisation des activités humaines, souvent au détriment d'un équilibre écologique, constituent les fondements du tableau comme une entité satisfaisante et suffisante, ou se réalisent les ambitions, les échecs et les réussites de la peinture.

Avant toute chose, le tableau reste pour moi un terrain d'expérimentations et de créations artistiques.

Je suis peintre et par la peinture j'exprime mon regard sur le monde, mon rapport à l'espace et au temps.

Certe, les thèmes que j'aborde tournent autour des notions de paysages, mais c'est pour mieux explorer l'espace de la toile et appréhender les frontières du tableau et de la peinture.

Le paysage est un morceau de nature comme le tableau est un morceau de peinture, tout ne se réalise pas là, uniquement sur la toile, il y a l'amont: l'observation, l'émotion devant un paysage, la recherche de motifs, la réflexion, le rêve, les croquis, études et expérimentations diverses et puis l'aval: Les tableaux qui suivront et qui constitueront la série.

La peinture à l'huile et ses qualités: Matières, transparences, fluidité, temps de séchage lent, me permettent un travail de la couleur et de la lumière, propre à mes sensations picturales.

Elle donne à mes paysages de l' espace, de la profondeur, une atmosphère particulière qui leur confèrent une impression de proximité et d'ailleurs, ou le spectateur peut se perdre et se retrouver, expérimenter des sensations, des émotions.

L'acrylique quant à elle, m'offre sa rapidité d'exécution, sa spontanéité, la luminosité et l'intensité de ses couleurs, pour des sensations plus fortes et des sentiments d'exaltation.