Migas Chelsky

Né 1954 à Villemomble (93), il vit et travaille à Soissons (02)

Je m'inspire pour mes maisons de James Castle, artiste « brut » américain. J'utilise la peinture acrylique pour sa rapidité de séchage. Le matériau utilisé est le carton ondulé récupéré à la devanture des magasins. J'aime ce matériau pour sa « générosité » : sa matière et ce qu’il m’offre quand il est dénudé, lacéré, froissé, percé… et puis il y a de la dérision dans ce carton !

Je me situe dans la mouvance figurative, le réalisme poétique. Le point de départ de mes maisons, c’est l’évocation, à la fois d’un lieu isolé, abandonné, désolé, triste et pauvre et celle d’un refuge, d’un abri, d’un lieu de cachette, de fuite . Chaque baraque est une âme qui renferme une histoire, des secrets,  des peines et des regrets et peut-être quelques doux souvenirs. Chaque Baraque est l’ébauche d’un portrait.

Si je devais appartenir à un mouvement artistique, ce serait à celui des « créateurs de mondes ». Je cède à une injonction qui m’entraîne à créer des mondes non pas imaginaires mais qui interprètent celui existant dans une vision onirique, critique et satirique. Comme les cinéastes, j’aimerais inventer des histoires mais je m’en tiens à la création des décors des personnages et éventuellement des accessoires. Je laisse au spectateur le soin de retracer une narration en relation avec ce qu’il voit, s’il le désire. Moi, je me contente de suggérer, d’évoquer, d’inspirer…

Mes maisons sont des travaux généralement réalisés en deux dimensions bien que lorgnant vers le bas-relief, en raison de la matière utilisée et de son épaisseur (le carton ondulé) et parfois en trois dimensions. Les artistes créateurs de monde travaillent très souvent en volume, s’adonnant à la fabrication de boîtes, de maquettes ou de dioramas.