Denis Clavreul

Né en 1955, il vit et travaille à Nantes.

« J'aime sentir le crayon caresser la surface du papier au gré des regards. J'aime la sensualité de la ligne, fruit d'un nécessaire équilibre entre tension et relâchement, ce défi chaque fois renouvelé, toutes ces tentatives d'aller à l'essentiel avec si peu de moyens. La courbure inachevée d'une échine est bien souvent plus vivante qu'un dessin complet de l'animal.

Lorsque je dessine ce que je vois, j'accueille l'inconnu, je prends des risques. Plus j'observe et plus je découvre l'incroyable aptitude que nous avons, nous autres humains, à interpréter et à recomposer individuellement le monde.

J'aime la danse. Les gestes peuvent être tendres, violents, achevés ou suspendus. Mon obsession : la recherche du mouvement, y compris le plus infime, comme le trait d'un horizon. Et lorsque l'espace semble peuplé de choses inertes -quelques pierres, une branche morte, de la terre- je les choisis, les relie, les transforme même, pour qu'elles dansent ensemble.

Peindre à l'aquarelle, c'est tenter de faire le lien entre l'univers (la lumière), l'air, l'eau, la terre (les pigments colorés et le papier) et soi-même. J'aime la lumière changeante et l'air humide du soir ou du matin car ces conditions obligent à prendre des risques ; elles limitent le contrôle excessif, parfois dévitalisant, de la peinture. Elles forcent à être dans l'instant. J'aime aussi les lumières les plus difficiles, les moins propices aux belles images. Celles du midi, lorsque les couleurs se fondent dans des vibrations si proches et si pâles. Elles obligent l'œil à déceler ici ou là ce qui stimule subtilement l'esprit. »